Un débat d'orientation budgétaire 2019 riche.

Mardi 4 décembre 2018.

Le 15 novembre dernier, nous avons débattu des orientations budgétaires de 2019 avant de présenter le budget dans quelques semaines.

Ce fut l’occasion, non pas de discuter chiffres, mais d’échanger sur nos visions sur les orientations à donner à la ville en termes de projet, de choix pour l’année à venir, mais aussi pour une vision plus lointaine.

Voici en substance ce que notre groupe a exprimé le soir-là.

L’Etat impose depuis déjà plusieurs années de construire un budget restreint en termes de fonctionnement, et cette année encore, la règle se durcit, n’acceptant que des exceptions à la marge, soit une augmentation de ces dépenses de fonctionnement limité à 1,46%. Cet effort est difficile à entendre pour une ville qui voit sa population croître de façon exponentielle mais c’est la loi. Ce que propose donc cette majorité est de maitriser les coûts dans cette proportion, tout en continuant un investissement record et maitrisant la dette.

Mais qui dit investissement dit implicitement augmentation du fonctionnement car tout équipement municipal fait appel à du personnel et coûte en charges. Or, dans le document qui a été proposé, Mme la Maire a écrit qu’il va falloir trouver 2.000.000 d'euros d’économie sur 3 ans, mais n’en propose en trois axes que 600.000! Quid du reste. Le document présenté ne parle que pendant de longues pages de tout ce que le personnel municipal coûte. On en déduit que ce sont eux qui seront la variable d’ajustement. C’est donc sur ce point des employés en particulier que nous avons insisté lors de du débat, mais aussi sur nos engagements de 2014 et ce qui peut et ne peut pas se faire.

1)      Personnel municipal

Le personnel municipal est par essence l’image de la ville car ils accueillent, sont les interlocuteurs des habitants et des associations et agissent. En cela, ils sont importants car ce sont eux qui sont la force vive de la municipalité.

Un indicateur de leur action et présenté dans le document est le taux d’absentéisme : 44 jours en moyenne par an par employé ! soit plus de 2 mois d’absence ! +20% sur les maladies ordinaires en 2ans ! Et une réalité : 2,2M€  de coût en remplacement/an !

Et ceci nous ramène à l’origine 2014. Nous avions rappelé la nécessité de faire un audit. Mme la Maire à choisi de faire intervenir M. Jean AUROUX. Mais son rapport n’a jamais été présenté. Que disait-il puisque l’audit n’a pas été réalisé ?

Plus grave : il semblerait que suite à ce diagnostic fait par M. Auroux, rien n’a été mis en place ; les conséquences que nous mesurons, nous, mais aussi les habitants, c’est par exemple, un service jeunesse qui a été sous-traité à une association extérieure, un service logement réduit à peau de chagrin et qui peine à fonctionner, et un service des sports qui n’a pas eu de directeur pendant plus d’un an.   

Ces dysfonctionnements non corrigés apparaissent aussi en externe, là où nous mettons du personnel à disposition : les centres sociaux traversent une très mauvaise passe. Plus aucun directeur. Pourtant, on leur verse des subventions conséquentes… et c’est la aussi un problème de personnel. Pour ne parler que du centre Levy, le directeur est un employé municipal et pourtant, il n’y a plus de directeur en fonction depuis 1 an et demi. Les employés sont en arrêt maladie parce que livrés à eux-mêmes. On n’en parle pas, on n’agit pas. Pourtant les centres sociaux sont essentiels sur nos quartiers.

Alors il faut faire d’abord un audit, si ce rapport Auroux n’est que du vent.. ce qui semble être le cas. Et ensuite, il faudra faire des choix.

Est-il maintenant judicieux d’ouvrir une médiathèque en ces temps difficiles. Nous disons oui au projet d’origine, qui faisait état d’une maison de quartier mais pas, ou plutôt plus à une médiathèque ! Il faut revenir à l’essentiel quand il y a des contraintes

2)      Mais alors, nos engagements de 2014 ?

Pour rappel, nos priorités CONJOINTES, celles qui nous avaient fait fusionner les listes en 2014, c’était a) la priorité aux écoles, cette priorité qui nous avait fait arrêter le centre aquatique parce qu’il serait trop couteux à l’entretien, b) la baisse de densification et en c) la maitrise de la dette, voire même la baisse des taux d’imposition dès la troisième année ! Alors où en sommes-nous ?

a) Les écoles

Il faut savoir admettre que nous n’atteindrons pas les objectifs des trois écoles, mais les avoir initiées est le plus important … Il faut construire pour l’avenir, pas pour l’inauguration et la photo avec l'élection de 2020. Une école, c’est déjà bien…. C’est beaucoup ! Alors où en sommes-nous exactement ?

Ecole BEAUVERIE (école du Centre Ville): le constat est simple. Il y a eu du retard, pour des intempéries, pour un mauvais choix d’entreprise en appel d’offre (dépôt de bilan), et il faut assumer et accepter 3 à 6 mois de retard. Là où cela devient géant, c’est lorsque la municipalité veut faire trop vite, pousser les entreprises à finir à tout prix alors qu’il n’y a pas d’urgence puisqu’il y a déjà une école certes provisoire mais existante. Aujourd’hui, nous n’avons pas tenu compte de trois mises en garde de l’inspection du travail, eu un accident de chantier et ce dernier a donc été fermé pour plusieurs mois. Nous allons le payer très cher… pour rien !

Ecole CARTAILHAC (école de Vaulx Sud La Soie) : elle va se faire car nous sommes en cours d'expropriation des propriétaires pour faire l'école à coté du château d'eau. Deux ans de retard de pris, mais il faut savoir donner du temps aux choses. Espérons que la qualité des sols a bien été posé !

Ecole GIMENEZ : l'école précédente ne pouvant se faire dans les délais, il a fallu construire en urgence une nouvelle école. Dans la précipitation, la ville a acheté un terrain qu'elle savait pollué : une aberration en terme tout autant financier, que réglementaire et en matière de santé de la population.

Ecole à l'Est du Village : rien n’est prévu à part le terrain, que nous avons réservé sur le PLU. Le propriétaire nous a mis en demeure de l’acheter, comme il en avait le droit et c’est pour cela qu’il a été acheté. Maintenant, plus rien...

Ce qui compte, ce sont les vaudais. On peut initier et admettre de ne pas finir à temps, d’avoir du retard, et d’agir comme nous avons su réagir en 2014 avec cette école provisoire qui a été une réussite, parce que provisoire, évidemment.Mais sur le fond, ces questions d’école, de trois groupes scolaires, parce que nous ne parlons même plus de celle du village, se pose surtout la question de la densification à tout prix.

b) La densification :

Nous nous étions engagé à réduire le rythme de construction, mais 400 logements/an, 50.000 habitants en 2020, +20% en 10 ans, est-ce raisonnable ? On construit en très peu d’années une petite ville ! Le PLUH que la majorité a voulu nous forcer à signer, ce PLUH où il est assumé que la densité a baissé est un mensonge. La densité d'habitants à Vaulx ne baisse pas. Le PLUH ne fait, au mieux, que maintenir ce que nous avons déjà. Le rythme de construction a juste été ralenti, d’où les investissements d’équipement croissants. Nous nous y sommes opposés car il ne réduit pas la densité de construction.

c) La dette

La dette s’envole. En 2018, 2019, on explose les compteurs. La capacité de désendettement de la ville (c’est le nombre d’années qu’il faut pour une collectivité pour rembourser les prêts avec juste ses recettes, et on considère qu’au-delà de 13 ans, une collectivité est dans une situation critique) va dépasser les 13 ans. Nous entrons dans le rouge. Pourtant, la ville continue sa politique d’investissement massif, creusant cette dette de façon abyssale sur des sujets qui ne sont pas prioritaires : c’est le cas de la médiathèque, qui se retrouve aujourd’hui dans la même situation que le centre aquatique d’il y a 5 ans !

Ces trois raisons sont les éléments qui nous ont fait quitter cette majorité, qui préfère faire vite et mal pour pouvoir être réélue en 2020, et ne respecte pas les équilibres, et ne tient pas ses promesses.

Quelles conclusions de cette réflexion sur le débat d'orientation budgétaire ?

Avec la nouvelle contrainte de la limitation de l'augmentation des dépenses, il est temps de faire des choix et de se donner le temps pour réfléchir, auditer, restructurer pour se mettre en capacité d’avancer à nouveau sur 2 jambes. Le Mas en est un exemple. Pourquoi déjà ne pas repousser une médiathèque et prévoir plutôt un centre social commun pour redonner une marge de fonctionnement à tous ! Ensuite, il faut rappeler que nous n’aurons pas de tramway avant 2030 - 2035, et que nous ne pouvons pas construire tant que ce point ne sera pas inscrit dans le plan de mandat du Sytral. Donc pas de médiathèque ni de logements en attendant !

Du côté des agents de la collectivité qui sont l’âme de notre ville, il faut travailler sur le bien être au travail, la considération des personnes et leur épanouissement. Le taux d’absentéisme record n'est pas une fatalité. Il dépend, on le sait, beaucoup du management autant de la hiérarchie administrative que des élus.....

Pour finir, un autre sujet nous alerte, c’est celui de la communication ! 22 personnes travaillent au service communication à la promotion de la politique municipale. 16 autres agissent au sein d'évènements et protocole !!! C’est 4% de la masse salariale. Pas sûr que pour les vaudais cela soit une priorité.

Des économies existent donc.

Il est temps de gérer enfin cette ville en bon père de famille, et pour poursuivre la métaphore, ne pas oublier les enfants dont on a la charge et de faire les bons choix pour ne pas obérer l’avenir !

Christine BERTIN.

Lien Facebook

Délibs métropole/Vaulx

menu contact

Agenda des évènements

Archives municipales 2014