Insertion, danger !

Vendredi 20 octobre 2017.

Qu'est ce que l'insertion?

Ce mot "insertion" n'est pas nécessairement toujours positivement connoté.  Trop souvent synonyme d'exclusion, de ratage, de pauvreté, ce terme mérite d'être précisé.

L'insertion fait référence à des actions mises en place en faveur de personnes éloignées de l'emploi. Plus précisément, ces personnes ont besoin d'un accompagnement, de formation ou d'une aide approfondie pour retrouver de l'emploi. Il s'oppose à un terme barbare dit "de droit commun" pour parler d'un chômeur autonome qui ira à Pôle Emploi comme un grand et trouvera du travail tout seul.

On trouvera dans ce champ de l'insertion les bénéficiaires du RSA, mais pas que ! Il existe aussi un public très précaire qui n'est pas inscrit au RSA et voudrait travailler.

Pour aider ce public à se rapprocher de l'emploi, de nombreux "opérateurs" (autre terme barbare pour parler d'organismes, d'associations, de centres de formation ou d'entreprises) vont former, encadrer, coacher ce public.

Toutes ces actions ont besoin d'être financées; c'est aussi le cas des opérateurs. Là encore, les mécanismes sont complexes et parfois nébuleux. La Métropole finance la formation, l'apprentissage. La Métropole finance le public RSA. L'Etat à travers un service appelé la DIRECCTE finance les projets et aide à l'accompagnement des opérateurs. En outre, un autre dispositif européen existe pour s'adresser à ce public très éloigné de l'emploi : le FSE (Fond Social Européen). Il ne finance qu'en complément de financeurs publics ou privés. C'est ainsi que sont gérées les "clauses d'insertion". Le privé ou public embauche et paie une personne éloignée de l'emploi et les fonds européens prennent en charge une partie du salaire. De même, les opérateurs qui gèrent la partie administrative se font financer via ses fonds. L'Etat, représentant de l'Europe, nomme les structures qui seront porteurs des fonds. Ainsi, ce sont les PLIE (Plan Local pluriannuel pour l'Insertion et l'Emploi) en France qui portent ces fonds. Dispositifs associatifs oeuvrant sur un territoire donné, les PLIE poursuivent un objectif d’accès à l’emploi durable des personnes vulnérables et exclues du marché du travail. Sur notre secteur, le PLIE UNI-Est regroupant 15 communes de l'est lyonnais a ainsi été crée et a porté pendant de nombreuses années les priorités suivantes :

  • proposer un accompagnement personnalisé,
  • favoriser l’accès à la formation,
  • développer les relations avec les entreprises.

Il s'agit donc de coordonner avec tout l'est lyonnais une politique d'insertion cohérente, de piloter les dossiers, d'animer les opérateurs et de trouver des partenaires privés pour favoriser l'insertion.

Il se décline sur notre ville vers un public RSA régulièrement vu en entretien pour les accompagner vers un retour à l'emploi. Des personnes démarchent les entreprises pour favoriser des possibilités d'insertion, pour gérer des formations langage ou encore un chantier d'insertion comme celui qui existe au Mas du Taureau (opération de sur-entretien, c'est à dire de nettoyage des espaces publics autour de la place Guy Mocquet). Les bailleurs sont aussi de gros "utilisateurs" de public en insertion pour gérer le nettoyage par exemple.

Lors de la création de la métropole, avec le souhait de réunir les communes pour optimiser les coûts, et surtout les difficultés de trésorerie qu'a vécu le PLIE UNI-Est l'année dernière (modification des versements européens sur les fonds européens, passant de 50% à l'enclenchement de l'action à 20% en 2014) a conduit un changement de porteur des fonds FSE : désormais la Métropole portera donc tous les fonds métropole. Mais il reste les missions d'animation et de coordination, les actions spécifiques comme la mobilité (difficulté d'utiliser les transports en commun, permis de conduire, accès à une voiture...) qui ne sont pas reprises par la métropole. La ville de Lyon fonctionne avec une maison de l'emploi. Certaines villes de l'Est ont aussi leur maison de l'emploi. Seules quatre villes de UNI-Est utilisent la structure pour animer, dont Vaulx-en-Velin. La ville de Vaulx-en-Velin se doterait-elle d'une maison de l'emploi, donnant enfin une visibilité aux Vaudais d'un lieu identifié pour savoir que et quoi faire?

Un autre sujet est préoccupant sur ce transfert : la métropole indique clairement que les fonds FSE seront affectées au public RSA. Or, 60% du public suivi par UNI Est ne sont pas bénéficiaires du RSA. On y trouve des publics au chômage longue durée, des jeunes arrivants ne maitrisant pas la langue, beaucoup de femmes... Quid de ce public?

A travers ces inquiétudes de tous les élus en charge de l'emploi et l'insertion de Uni-Est, il apparait que nos voix ne sont pas entendues par la métropole. Le débat doit se dérouler au sein les CTM (Conférences Territoriales des Maires); celle qui concerne Vaulx s'appelle Rhône Amont (Vaulx, Décines, Meyzieu, Jonage).

A ce jour, aucune réunion relative à l'emploi n'a eu lieu dans les CTM. Or ce sont bien souvent les techniciens de la métropole qui proposent les ordres du jour. Il faudrait que les maires des communes concernées s'entendent pour définir un ordre du jour.... intégrant ce sujet de l'insertion rarement prioritaire!

De vraies questions se posent avec la mise en place du Pacte de Cohérence Territorial. Ce qui se dessine, déjà dans l'insertion, parait quelque peu inquiétant !

Il est temps que les maires s'entendent et reprennent la main sur les sujets qui les concernent.

Christine BERTIN.

Lien Facebook

menu contact

Agenda des évènements

Archives municipales 2014