Bilan de 16 mois de mes actions d'adjointe - Acte 2 : les ZACS.

Les négociations sur les ZACs ont été entamées et ont duré près d’un an, pour revoir à la fois la programmation de logements sociaux (ramené à 20% sur les opérations), une baisse de la densification, qui a été relativement modeste pour ne pas pénaliser les finances de la ville (mais de 10% quand même), une meilleure intégration de trames paysagères, des espaces publics et aires de jeu, et pour finir, plus de places de parking.

En parallèle de ces négociations, j'ai présenté les ZACs, telles qu’elles avaient été définies, aux conseils de quartier, une première fois avant le projet, pour les entendre et savoir ce qu’attendait les habitants. Je suis retournée ensuite les renonctrer pour leur proposer ce que nous avions obtenu.

La négociation sur la ZAC de la Grappinière, la plus engagée en avril 2014, a consisté à réduire de 60 à 30 logements l’ilot qui va voir le jour en lieu et place de l’ancien centre commercial, avec un bel espace vert devant, pour apporter un espace public de qualité, et une belle entrée de quartier. Cet espace vert permet aussi de participer à la bio-diversité par sa participation à la trame verte qui permet de faire une continuité depuis la digue jusqu’à la Rize. L’ilot qui devait voir le jour en lieu et place de l’ancienne école maternelle est pour l’instant en stand-by; ce projet lorsqu'il se fera sera en accession à la propriété. Il participait au rééquilibrage du quartier, mais un projet est en cours de réflexion avec Grand Lyon Habitat sur une démolition plus au Sud du quartier. Il serait utile d’attendre de voir ce que que le bailleur propose... il reste que nous sommes là, sur un travail avec un projet à 20 ans !

Sur la ZAC Hôtel de Ville, il a fallu gérer la dépollution de la zone. En effet, deux transformateurs pyralène, issus de l’ancien centre commercial avaient été vandalisés, et le pyralène s’était répandu dans le sol. Les permis étaient posés et prêts à être signés quand nous avons été élu. J’ai fait tout stopper pour attendre les résultats de la première dépollution. Grand bien nous en a pris, puisque les études ont montré que le pyralène était toujours majoritairement là. Il nous aura fallu près d’un an et demi pour vérifier que la pollution n’avait pas migré, et tout dépolluer. Nous savons maintenant que la ZAC peut démarrer car tout est nettoyé et sans danger. L’élément majeur de la négociation sur la ZAC Hôtel de  Ville concernait la forme des placettes de cette ZAC, qui avait été souhaitée plus ouverte, en forme de rectangle. Ce choix devait revenir aux Vaudais et j’ai demandé aux adjoints de quartier de faire une réunion et de solliciter l’avis des membres de tous les conseils de quartier. Ces derniers ont validé trois placettes qui se suivent, avec des fonctions différentes, comprenant une fontainerie et des espaces verts plus conséquents.

Toujours sur cette ZAC, nous avons pu créer "notre" trame verte en élargissant la rue Rabelais, et en ne faisant pas aboutir cette rue sur l'avenue Allende, pour éviter un traffic de délestage sur la/les places du centre ville. Nous avons ainsi crée un espace public supplémentaire devant la future crèche. J’ai initié des discussions pour réaliser une œuvre d’art par les élèves du lycée des Canuts, projet porté par le conseil de quartier. Deux parkings supplémentaires ont été intégrés sur cette ZAC, devant la future école Beauverie, associée à un espace vert qualitatif, et un autre sur l’ilot qui accueille actuellement le centre commercial Casino. Le grand parking actuel (à côté de l'Hôtel de Ville) est pour l’instant maintenu en attendant de savoir si les places de parking sont suffisantes pour répondre à la demande des nouveaux logements, et s’il n’est pas nécessaire de réaliser une école supplémentaire. Cette attente crée toutefois un déséquilibre sur la part de logements sociaux, car tous les logements engagés sont en grande partie des logements sociaux. Elle porte provisoirement à plus de 35% le taux de logements sociaux sur le quartier, qui en comporte déjà actuellement 50% (du fait de la ZAC Centre-Ville réalisé au début des années 2000). Ce pourcentage sera revu à la baisse si nous trouvons une solution satisfaisante pour répondre aux besoins en terme de stationnements. Les ilots restant à construire ramèneont alors le taux global de logements aidés à 21%.

Il reste un dernier point non tranché et piloté par le GPV qui doit voir la réalisation d’un projet d’environ 35 logements par l’AFL (L'Association Foncière Logement, un contributeur de l’ANRU). Ce programme était initialement positionné devant l’école Beauverie. Maintenir des stationnements à proximité de l’école et avoir un espace vert, ’a semblé plus  pertinent que mettre une école sous les fenêtres des habitants de l’AFL. J’avais proposé de positionner ce projet à proximité du quartier des Barges Cachin, puisque le rôle de l’AFL est de ramener la mixité dans des quartiers en difficulté, mais le choix de Mme la Maire n’a pas été celui-ci. M Gomez a repris le dossier.

Pour la ZAC du Mas, rien n’avait été figé ni financièrement planifié avant notre élection il y a deux ans. Pour ne pas tout reprendre au départ, et perdre du temps, nous avons choisi de maintenir le plan masse, le choix de la Halle de marché initiale et la volumétrie des commerces du Mas. Le tracé d’un futur tramway était bien indiqué. Toutefois, il n’avait pas été validé par la moindre étude du Sytral (en dépit de ce que l'ancienne équipe avait indiqué). Mes collègues élus, appuyés par Mme la maire ont négocié pour obtenir au moins cette étude, et valider ainsi le tracé du futur tramway, même si le financement pour sa réalisation n’existe pas encore. En termes de mixité d’usage, la précédente municipalité n’avait prévu que du logement et la médiathèque. J’ai souhaité et proposé de réaliser un campus, dans le prolongement du campus du centre ville (composé de l’école d’architecture et école des travaux publics, complètement isolés). Ce campus avait pour moi du sens pour un quartier qui compte parmi le plus de jeunes sans diplômes. Il avait aussi du sens géographiquement, car il permettait de relier la Doua avec notre campus actuel. C’est ainsi que j’ai organisé une rencontre avec le président des universités de Lyon-Saint-Etienne. L’accueil de ma proposition a été très favorable, avec une volonté de plutôt développer un campus orienté BTS pro et licence pro, appuyé sur des entreprises partenaires. Cette demande allait tout à fait dans le sens initial de ce choix : donner un accès à la formation à nos jeunes. J’ai rencontré le directeur du lycée, tout à fait favorable à créer d’autres BTS. Le Président des universités m’avait assuré son soutien pour porter les licences pro par une université. Les deux directeurs ENTPE et ENSAL ont été heureux d’avoir un argument de plus pour un meilleur accès et décloisonner leur campus, puisqu’ils avaient en parallèle ce projet d’ouverture.  Il m’a fallu convaincre Mme la Maire et mes collègues et l’idée  a rapidement fait consensus. Dernièrement, l’école Boisard a aussi été approchée; elle aussi est intéressée; peu de Vaudais suivent les cours de cette école, située en zone industrielle; la raccorder à des transports accessibles et lui donner de la visibilité a du sens.

A date de ce début d'année 2016 il ne reste plus qu’à dimensionner la taille du campus, ainsi que la taille des entreprises à y adosser. Une étude est en cours sur ce dossier auprès des services de la métropole.

Au sud, je devais piloter quatre projets d’ensemble : le PAE TASE, dont le promoteur est BMI (réalisé à 75%), Gimenez (convention signée à notre arrivée), le PUP Karré (ilot Kaeser), et la ZAC Tase.

La priorité a été donnée au projet Gimenez. J’ai déjà fait un article sur le projet (en date du 1° février 2016), mais en substance :

* j’ai renégocié l’emprise au sol pour récupérer plus d’espaces verts, et apporter un environnement plus qualitatif,

* j’ai modifié la répartition de logements sociaux,

* j'ai discuté d’une intégration potentielle de commerces (boulangerie, pharmacie et pourquoi pas un cabinet médical),

* j'ai obtenu la baisse de la hauteur des bâtiments à R+2 à proximité des maisons de l’autre coté de la rue Dumas, avec un recul en plus.

Le PAE Tase est bien avancé; il y a eu toutefois deux points de blocage avec le promoteur (BMI):

* le nombre de places de parking sur l’ilot de la résidence hôtelière qui ne comportaient pas assez de stationnement par rapport aux obligations du PLUH. Nous avons refusé. Le projet a alors muté en un hôtel 3* qualitatif plutôt qu’une résidence hôtelière, et nous aurons donc un hôtel 3* de la chaine IBIS (IBIS rouge, haut de gamme).

* j’ai souhaité que le projet de reconstitution de Adoma ne se fasse pas sur le PAE. D’une part parce que la part de logements sociaux est importante sur l’ilot (28%, qui pourrrait alors être revu à la baisse), mais aussi parce qu’il y a déjà un foyer Adoma important juste de l’autre coté de rue sur Villeurbanne. Nous avons ainsi reporté l’autorisation à 2016, se donnant le temps de négocier avec Adoma pour trouver une alternative à nos engagements. Toutefois, Mme la maire tient à ce que ce projet soit maintenu, et  a préféré acheter un bout de terrain pour faire un parc supplémentaire sur l’ilot Kaeser.

Nous avons eu aussi quelques difficultés sur des permis modificatifs avec BMI, qui dégradait les prestations pour que le projet soit financièrement équilibré. Il a fallu négocier âprement chaque modification. L’autre point délicat concernait la modification des permis initiaux pour réaliser plus de petits logements, et peu de grands logements. En effet, le turnover est plus important sur des petits logements, et pour qu’une résidence fonctionne bien, il faut limiter le turnover. C’est donc une relation de confiance qu’il est nécessaire de construire avec le promoteur, car en théorie, il peut faire ce qu’il veut, une fois le permis accordé, et c’est ce que je me suis attachée à éviter.

Le dernier point que nous avons mené avec BMI était de trouver un terrain d’entente avec la SCI La Soie, propriétaire de l’aile Est de l’usine Tase. Ces derniers avaient endommagé l’aile est lors de la démolition des sheds; ils sont en procès. J’ai servi de médiateur pour trouver un terrain d'entente afin que BMI participe à la rénovation, y compris peinture de l’aile Est. Malheureusement,les deux parties n’ont pas trouvé de terrain d’entente.

Enfin, pour que ce quartier puisse enfin être attractif, il fallait que l’esplanade Tase sorte de terre. Initialement, le projet devait s’enclencher en 2014, à notre arrivée, puisque les budgets étaient bouclés. Les tergiversations de l’élue aux travaux nous ont fait perdre le budget et j’ai  du rentrer dans une phase de négociation avec la métropole. Des 7 Millions d’euros initiaux, nous sommes descendus à 3,5 M d’euros, pour finalement remonter à nos 7 Millions d’euros. Le choix d’attendre était finalement une bonne chose, car cela a permis de finaliser la façon dont nous voulions concerter avec les habitants, et c’est ce que qui vient de démarrer en Janvier 2016.

Concertation : quand nous sommes arrivés, la métropole avait pris conscience que les participations qu’elle avait fait sur le projet carré de soie avaient besoin de structurer. Ils avaient donc commencer à mettre en place une démarche appelée « Second souffle ». Il nous aura fallu une dizaine de réunions de travail pour définir comment nous voulions, Vaulx-en-Velin, travailler avec la métropole sur Carré de Soie. Nous avons acté notre volonté de présenter les projets aux habitants avant dépôt de PC, ce qui est assez rare pour une commune. Nous avons acté d’impliquer fortement les habitants et les usagers sur l’ésplanade tase. Il nous restait toutefois à définir la place du  conseil de quartier dans cette démarche, pour ne pas qu’elle se sente lésée, et qu’elle ait toute sa place. Le choix proposé, qui a aussi besoin de vivre et pourra se corriger pour s’améliorer est que le conseil de quartier soit pilote de cette démarche et voit les projets en anticipation.

La concertation sur  les usages a démarré. D’ici peu, nous aurons figé ensemble les usages retenus et nous allons choisir un maitre d’ouvrage pour la réalisation. Lorsque ce dernier sera retenu, une nouvelle phase de travail et de concertation se fera pour savoir ce qu’on y mettra, ensemble.

Kaeser : l’ilot Kaeser était déjà bien avancé lorsque nous sommes arrivés. Le permis était sur le point d’être posé lorsque l’architecte des bâtiments de France a donné un avis négatif à l’avant projet. Ce dernier souhaitait en effet maintenir la façade du site de Kaeser, car il trouvait intéressant de garder l’habillage de l’avenue Bataillon Carmagnole Liberté. Le promoteur Icade a dû revoir son projet. En parallèle, nous avons présenté le premier projet au conseil de quartier, qui a été assez négatif. De fait, il a été revu, retravaillé et une nouvelle fois présenté, avec la façade intégrée. J’ai aussi négocié avec le promoteur pour réduire la hauteur des locaux d’entreprise coté rue Moissonnier, car un des bâtiments est en R+3 et le batiment leur enlevait toute la lumière. J’ai aussi ramené le taux de logements sociaux à 23% au lieu des 50% initiaux. Le promoteur a accédé à cette demande. Le projet retravaillé a été présenté à nouveau en conseil de quartier. Il a rencontré moins d’opposition mais de nombreuses questions subsistaient sur Carré de Soie au global, sur la densité, sur le manque d’espaces verts criants, sur les problèmes de circulation et de stationnement, sur le souhait de garder l’immeuble Kaeser dans son intégralité ou en tout cas sur ses extrémités, et donc de mettre à  sens unique la rue …  Nous étions à l’été 2015. Le promoteur était au bout de ce qu’il pouvait négocier. Nous avons proposé de réduire la densité des ilots pour qu’ils soient au même niveau que l’usine, et récupérer une partie des espaces verts privés pour en faire un petit square public. Toutes ces demandes faisaient l’objet d’une contrepartie financière que la ville était prête à payer. La Métropole, consciente que les espaces verts manquaient, a proposé de réaliser tout de suite 800 m ² d’espaces verts supplémentaires dans le prolongement de la rue Moissonnier et de proposer aux habitants d’en définir les usages. Nous avons alors fait une réunion de concertation avec le conseil de quartier, qui a tout refusé en bloc. C’est alors que Mme la maire a souhaité, vu la tournure que prenait le projet Carré de Soie sur Vaulx, de racheter un quart du terrain et transformer une partie des locaux d’entreprise pour en faire un espace public pour 1.000.000 d'euros et non plus 280.000.

ZAC Tase : ce projet de 50.000.000 d'euors a été signé mais les financements pas actés, ni par la ville, ni par la métropole. Il fallait résoudre la délocalisation de l’ESAT, qui vient de refaire ses locaux, pour 7 M € et du centre de stockage du musée des pompiers (près de 200 anciens camions de pompier stockés). En sus, au nord de ce terrain se trouve un emplacement réservé pour un projet métropolitain. A l’origine, INTERPOL devait s’installer à cet endroit. Aujourd’hui, ce terrain est une des deux possibilités pour que l’ASVEL construise sa grande salle. Nous soutenons toujours de tout notre poids cette implantation de l'ASVEL. Si ce projet devait voir le jour chez nous, nous avons l’opportunité d’entièrement revoir la ZAC, pour ne plus nécessairement faire que du logement, mais des activités de loisir (bars, musée des pompiers…). La réponse se fera d’ici le mois de Juin.

Dernier acte à venir le 7 avril prochain....

Christine BERTIN - ex 3° adjointe en charge des opérations d'urbanisme des ZACs.

Lien Facebook

menu contact

Agenda des évènements

Archives municipales 2014